Vauillez activer JS

Transition de la version 2008 à la version 2015 de l’ISO 9001

Le 19/02/2018 | Partager:

L’ISO 9001 est de loin la norme la plus utilisée dans le monde et également au Maroc. Depuis sa création en 1987,  cette norme n’a cessé de se développer et subir au fil du temps des changements qui ont abouti  à une dernière version qui date de l’année 2015. Cette nouvelle version est déjà utilisée par de nombreuses entreprises dont la majorité avait affirmé qu’elle était nécessaire.

Ce passage à la version 2015 engage la prise en compte de plusieurs enjeux pour sa mise en place, notamment l’engagement direct et ferme du « Patron » si on parle de TPE/PME ou du Top Management dans des structures de grandes tailles. Cette version  se veut plus en phase avec les préoccupations et les attentes des Managers en termes d’apport de valeur ajoutée des SMQ et leur participation au développement du business.

A signaler que cette dernière révision présente plusieurs aspects intéressants, dont voici quelques uns :

-       L’intégration de la notion d’alignement stratégique et l’adaptation au contexte des entreprises.

-       L’analyse des risques et des opportunités.

-       La maitrise des modifications, même si cette exigence a été subtilement citée dans la version 2008.

-       Etc.

A l’instar de la version 2008, la mise en place de la version 2015 de l’ISO 9001 suit un enchainement  cohérent et successif d’étapes. Que ce soit une refonte totale du système ou une mise à jour partielle, les points d’attention ci-après méritent d’être traités :  

La compréhension du contexte de l’entreprise

Chaque entreprise devrait définir clairement et efficacement ses enjeux internes et externes.  La norme n’exige aucune méthode particulière, il est d’usage d’utiliser des SWOT, PESTEL, des listings par affinité, etc. Peu importe le moyen utilisé, la finalité de ce chapitre de la norme est de s’assurer que ces enjeux sont réellement pris en charge lors de la conception du SMQ afin d’aboutir in fine à un SMQ en harmonie avec les enjeux de l’entreprise, de son vécu et de ses valeurs.  

L’identification des parties intéressées

La survie d’une entreprise est indéniablement liée à ses parties intéressées. Il convient que l’entreprise intègre les exigences et les attentes de ces dernières dans son SMQ et en assure la satisfaction. Il s’agit dans ce chapitre de recenser tout d’abord l’exhaustivité des parties intéressées (pertinentes) y compris les salariés, les associations, les prestataires, les instances publiques, les actionnaires, la maison mère, et bien entendu le client. Par la suite,  l’entreprise doit définir  ou Co définir avec les parties intéressées leurs réelles attentes et exigences et orienter ainsi le SMQ dans le sens de les satisfaire en permanence.

Attention : il ne faut pas être trop minimaliste et se contenter d’un simple tableau parties intéressées /exigences mais mettre en place des actions concrètes et en assurer le déploiement et l’efficacité.

L’analyse des risques

L’un des grands apports de cette version est l’analyse des risques. Effectivement, la norme en a fait une composante primordiale dans le pilotage du SMQ. Il s’agit là de rendre le SMQ proactif vis-à-vis des risques au lieu de les subir. Là encore aucune exigence de moyens n’est explicitement exigée par la norme. Quant aux outils  les avis divergent.

A titre d’exemple, l’analyse des risques peut se faire, entre autres, de cette manière : établir un listing des risques (pouvant avoir un impact sur le business), et évaluer leurs criticités en fonction de leur gravidité et de leur probabilité d’occurrence. Ainsi, une cartographie des risques peut être dressée en  affectant par la suite  à chaque processus du SMQ les risques ou les opportunités qui lui sont propre. Enfin mettre en place un plan de maitrise et de surveillance pour s’assurer de l’atténuation voire l’élimination des risques.

La notion d’opportunité est également mise en avant dans la nouvelle version de l’ISO 9001 dans le même état d’esprit de pro-activité, il s’agit d’étudier les opportunités pouvant avoir un impact positif sur le business, l’organisation, les ventes par la pénétration de nouveaux marchés, etc.

La maitrise des modifications

Cette nouvelle exigence fut subtilement abordée dans la version 2008.  Elle fut déjà adoptée dans des secteurs d’activité telle que l’industrie pharmaceutique, l’aéronautique et l’agro alimentaire. Il s’agit dans ce chapitre  de mettre en place un dispositif de maitrise des modifications en fonction de leurs impacts et d’en maitriser tous les rouages, en répondant aux questions suivantes : quel sera l’impact du changement sur le SMQ et sur l’entreprise ? Quelles sont les mesures à prendre pour réussir et maitriser  ce changement et avec quelles ressources ?

La gestion des connaissances

Partant du principe que la richesse d’une entreprise est aussi la richesse de ses informations, la version 2015 encourage la maîtrise et le partage de celles-ci. Les connaissances peuvent concerner le savoir-faire des collaborateurs, leur cumul d’expérience, le partage de bonnes pratiques et des retours d’expériences, etc.

Pour conclure, la version 2015 a plusieurs atouts et avantages si elle est mise en place efficacement. Nous pouvons citer certains de ces avantages :

L’anticipation des risques

-       le meilleur alignement avec les enjeux de l’entreprise,

-       l’amélioration des performances et la réduction des coûts. 

-       la remobilisation  des collaborateurs autour d’un projet fédérateurs et porteur de valeur ajoutée,

-       la simplification de la démarche ; moins de « paperasse » et plus de pertinence.

Quelle que soit la version de cette norme, il est nécessaire que certains préalables soient pris en compte. La certification à elle seule n’est pas suffisante pour garantir l’efficacité !

En savoir plus ?  Lisez notre article : La certification ISO est-elle réellement suffisante pour atteindre la performance ?